J'écoute : Mylène all time Je regarde : le mur d'en face Je lis : La guerre du Péloponnèse de Thucydide Je joue : à l'impro totale! Je mange : nature Je bois : de la Despé (fini le Rhum)! Je cite : personne Je pense : tout seul Je rêve : et heureusement! (mis à jour dimanche 24 février 2008 à 21:29)
Globalia est avant tout un roman d'aventures, mais sous-tendu par une réflexion sur l'état du monde. Une réflexion qui repose sur deux idées principales :
d'abord, imaginer l'évolution possible des rapports Nord-Sud. Ensuite, explorer l'inattendu des démocraties, qui, après avoir triomphé dans les années 1990,
commencent à révéler de plus en plus un caractère sinon totalitaire, du moins pas si paradisiaque qu'on le prétend. (Tocqueville, d'ailleurs, s'était déjà interrogé sur ce
paradoxe de l'évolution démocratique.)
Mais Globalia n'est plus une démocratie, c'est une oligarchie camouflée en démocratie. Le principe de représentation poussé à l'extrême, avec la multiplication
des centres de pouvoir et de décision, finit par annuler toute dimension politique. À Globalia, il y a des élections partout et tout le temps, mais elles ne changent rien à rien.
C'est l'histoire d'un monde où, face au déchaînement de violence autour des questions historiques, ethniques, religieuses et politiques, on a décidé leur abolition.
Tout est désormais basé sur l'économie, la politique n'est plus qu'une comédie en surface.
L'auteur montre comment un système fondé sur la liberté peut devenir totalitaire. Les totalitarismes récents, comme le communisme, étaient fondés sur la norme,
la contrainte, l'interdiction. Mais notre période de prospérité et de liberté pourrait bien aboutir elle aussi à la soumission totale et surtout à l'aliénation totale :
aucun dirigeant globalien n'a de prise sur le destin de son pays, sauf le petit groupe de très grands patrons qui détient les vrais pouvoirs.
Globalia, c'est aussi la dictature des vieux: C'est, poussée à l'extrême, une certaine conception individualiste des droits de l'homme, au mépris de toute dimension
communautaire. Dans cette optique, chacun peut revendiquer tout au long de sa vie, et jusqu'à un âge très avancé, la pleine jouissance de ses moyens et de son pouvoir,
au lieu de penser à ceux qui sont à naître. Ainsi, c'est la quasi-disparition des enfants dans nos sociétés occidentales. On en mesure encore mal les conséquences.
Autre idée importante : la culture prime la nature. Donc tout peut s'acquérir à tout moment, y compris la jeunesse et la beauté - c'est le moteur même de la société de
consommation. La nature est profondément inégalitaire, elle disperse ses dons au gré de ses caprices : il faudrait donc la corriger par la culture. Ce n'est pas une idée nouvelle,
on en trouve trace dès le XVIIIe siècle : la nature brute, sauvage, est épouvantable, elle ne devient réellement nature qu'après avoir été recréée, cultivée.
C'est d'ailleurs toute la philosophie du jardin à la française… En ce sens, Globalia est un immense jardin où les plantes sont remplacées par les êtres humains.
Globalia, société qui prône l'harmonie universelle, s'impose aussi par le chaos. C'est un système mou qui a besoin d'un ennemi pour exister. Regardez ce que vient de se
passer en Irak : on a assisté à la destructuration d'un pays qui n'était certes pas une démocratie, mais qui était fortement structuré et qu'on a plongé dans le chaos total.
Si l'on systématise ce comportement, cela donne Globalia.
Globalia est un cri d'alarme, un avertissement. Peut-être une sorte d'état des lieux avant la catastrophe ! Mais ce n'est pas un essai, c'est d'abord un roman.
Disons que c'est un cri d'alarme sans prescription : il y a un diagnostic, mais pas de traitement.
Bref, de beaux moments de réflexion sur notre monde contemporain.
A lire à tout prix.
L'histoire:
Fils unique, Philippe a toujours été persuadé qu'il avait un frère. Il vit une vie tranquille et simple, élevé par des parents, Maxime et Tania, fous amoureux l'un de l'autre.
Le garçon imagine la rencontre évidente de ces deux grands sportifs sur un stade ou au bord d'une piscine, lui l'enfant chétif et malingre qui s'invente un frère
fort et merveilleux.
Il grandit dans la France de l'après-guerre dans une famille trop lisse pour ne receler aucun secret. L'histoire de ses parents est trop forte, le fantôme du frère trop présent.
Mais Louise une vieille voisine lui raconte sa véritable histoire l'année de ses quinze ans. Une histoire déjà lourde en elle-même, mais rendue plus dramatique encore
parce qu'elle se passe sous l'occupation et que sa propre naissance n'est pas due au hasard...
Il comprend alors enfin la pièce du puzzle manquante et devient adulte à son tour.
L'avis:
"Un secret" est un livre aussi sobre que l'est son titre. Aussi fort et bouleversant que les faits qu'il raconte avec pudeur, petit à petit. Aucun effet de style, aucune remarque
superflue dans cette histoire écrite comme un exorcisme.
Les morts sont morts, les vivants continuent comme ils le peuvent blessés, mais debout. Combattant l'horreur par le mensonge, mais s'il faut en passer par là…..
Pour vivre, non pas en paix, loin de là, comme en témoigne la fin tragique de Maxime et de Tania. Mais vivre encore un peu une passion qui aurait peu être si belle
sans la folie des hommes, sans l'Histoire.
Pour laisser un fils que le secret n'aura pas brisé, mais au contraire construit. Un fils qui comprendra et soulagera son père détruit un jour.
Un secret est un livre rare, subtil, sur la culpabilité, le mensonge qui, parfois, est le seul moyen que trouvent les grands blessés de la vie pour ne pas sombrer tout de suite.
On s'y hasarde tel un planeur, survolant, puis, en un instant, plonge inexorablement... vers la Vie.
"Histoire de Tom Jones, enfant trouvé" de Fielding
L'histoire:
Tom Jones, enfant trouvé élevé par un châtelain, et amoureux de Sophie, rencontre de nombreuses aventures, de la campagne à la ville.
L'avis:
-le constat général:
Ce roman est un vaste panorama de l'Angleterre au XVIIIe siècle. Il se place dans la tradition de la satire, à la suite de Gulliver de Swift et de L'Opéra
du gueux de John Gay, mais aussi de Molière et de Cervantès : l'auteur ne veut pas seulement nous amuser, il défend une morale philosophique
et chrétienne, tout en rejetant le conservatisme. Il se rattache à la philosophie de la liberté de Locke (très souvent cité). De part ses autres tout aussi nombreuses
références, l'auteur explique, torture chacune de ses réflexions en éliminant les anti-thèses qui pourrait les entraver dans un style souvent percutant.
Ainsi, quoique l'histoire même du roman soit somme toute assez classique (le dénouement est plutôt pas mal), elle devient très intéressante de part les différentes
peintures dont nous fait, à travers les nombreux personnages, l'auteur de la vie anglaise à cette époque.
- la forme et le style:
Il s'agit des pièces maitresses de ce roman. L'auteur nous imprègne de son histoire par son attitude directe envers son lecteur auquel il n'hésite pas à s'adresser, et
ce, à maintes reprises. Ainsi, souvent, nous nous retrouvons à sourire, voire marmonner en face des pages du roman: un délice.
Les essais philosophiques des chapitres premiers de chaque livre permettent aussi d'introduire aisément et subtilement les travers que l'hisotire va prendre au fil
des pages.
Bref, même si la longueur peut en effrayer certains (1100 pages), ce roman est à recommander pour tous ceux qui apprécient les réflexions, le XVIIIème, les
histoires d'amour, la comédie et enfin l'Angleterre.
Des histoires d’amours qui commencent ou finissent en musique.
Trois quartettes vocaux en début, au milieu et à la fin du XXe siècle, vivent, chantent, s’aiment, se haïssent, se quittent ou
se retrouvent devant nous.
Les couples se forment et se défont dans ces compositions à quatre, propices aux intermédiaires et aux partitions significatives.
Endiablé, passionné, c’est le moment où tout le monde découvre que tout le monde est amoureux de tout le monde, mais que
personne n’est aimé de la personne qu’il aime, alors ils sont tous là à crier leur amour, complètement perdus, complètement fous.
Drôle, Triste, …
Cela nous irait bien…
La mise en scène:
"Je commence les répétitions, je prend une scène du salon d’Eté, je crois que je la comprends, je me place,
Mathilde arrange, organise, la semaine d’après je reprends, et tout à coup l'effrayante complexité de cette pièce m’apparaît.
Chaque mot, chaque rythme, chaque scène pose une énigme et je m’arrête sur le plateau en me demandant,
pourquoi a-t-elle voulu cela? Où veut-elle nous mener avec cette scène? Qu'est-ce qu'elle aurait fait, elle?
Elle me met devant des gouffres d'interrogations, mais me donne en même temps d'innombrables réponses,
à tellement de questions essentielles sur la complexité des relations humaines.
Ses réponses et ses questions ne se découvrent que lorsqu'on met en vie son texte par l'acte théâtral qui est
poésie même, en ce qu'il est irrationnel, inexplicable, porteur de toutes les contradictions rassemblées et n'existe que quand il est partagé.
Nous voyons sur scène des hommes et des femmes empêtrés dans leur vie, qui croient qu'ils la dominent et la dirigent
mais la subissent de plein fouet sans rien comprendre à leur naufrage ou leur survie, nous en rions ou pleurons, et nous
nous réveillons de ce rêve si comico-tragique en sachant soudain que cela pourrait être de nous dont il pourrait s’agir.
« Des couples qui se font et se défont »
Ils ont tout : la passion, la liberté, l’amour, le bien-être, ils ont prévu leur avenir dans les moindres détails depuis des années
et en une décennie, tout leur monde s'effondre simplement parce qu'un être, un évènement ou une rencontre imprévu vient bousculer le chemin établi.
Ils sont donc logiquement débordés par le sens de l'histoire, qui est le sens de l'intérêt du plus grand nombre, un sens non pas moral mais organique.
Ces êtres subissent, sans comprendre ce qui leur arrive, le tsunami dévastateur de la destinée en marche qui refuse l'enfermement, la sclérose et l'esclavage.
Leurs vies, eux qui aiment si sincèrement si complètement si tendrement leur moitié dont ils veulent s'approprier le corps et l'esprit, sont nos vies.
En hommage à Coline SERREAU"
Le speach:
Quand un "ex" des Oisillons tombés du nid, Patrice Caumon, conteur, bateleur, baratineur, rencontre un bellâtre italien, Luca Costa,
musicien impassible et impeccable qui ne vit que pour sa guitare, on obtient forcément un duo délirant ! Débits de paroles ahurissants,
poésie touchante, histoires scabreuses et drôles, belles voix, danses dérisoires et fous rires garantis !
Le site (déconseillé, mais par honnèteté, je le cite):
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=160939184
(bon, là, j'ai bien été surpris: pas du tout l'ambiance du spectacle!!! le(s) clip(s) sont complètement différents de l'ambiance live...
J'aurais vu le site avant, je n'y serais pas allé!!)
Non, non, pas du tout un spectacle gay!
Mon avis:
Frais, surprenant, relaxant, marrant, interactif, prenant, ce spectacle met du baume au coeur.
Tous sont ressortis le sourire aux lèvres, après une journée de travail.
Des textes sans retranchements et tellement vrais pour certains!
Un vrai guitariste (d'origine italienne, en photo, mais ne vous attendez pas à le voir dans cette tenue!) et un vrai chanteur
charentais (et landais d'adoption) sur scène qui s'amusent, qui jouent, qui s'approprient le public dégustant un cocktail près d'une bougie...
Bref, un bon moment pour une somme dérisoire.
Un album de 15 morceaux pétillants disponible: sympa souvenir!
Merci.
Voili, voilou,
A toute!
PS: mais vraiment, il faudrait revoir le site... vraiment rien à voir!!
rePS: rappel: je ne suis qu'un humble spectateur... comme d'hab!
Les spectateurs entrent dans la baraque. Ils sont accueillis par le patron (mâle dominant), la chanteuse (jane-Moro)
et le musicien (ouistiti), curieuse tribu, montreurs d'animaux vivants. Roulement de tambour, on fait entrer
Mademoiselle Gorille. Un cirque intime se déplie sous nos yeux, ça fait écho. Une métamorphose joyeuse s'impose,
mêlée de chansons-gorilles détonnantes.
Une fable sur la difficulté de se tenir debout. Un soir on se couche femme. Le lendemain, on se reveille gorille !
Interprétation : Valérie ANCEL, Cécile DELACHERIE, Mercédes SANZ BERNAL, Jean-Philippe IBOS et Tony LEITE
Le site: http://www.atelier-de-mecanique-generale-contemporaine.com/
L'avis perso (qui vaut ce qu'il vaut!):
De part l'aspect regrettable que nous fûmes trop peu à assister à cette pièce, la chaleur et le rendu des spectateurs a largement
manqué. Soit, peu s'en faut, ce point n'est pas inhérent à la prestation; au contraire, il fût évident que les acteurs s'en sont donnés
à coeur joie, malgré un retour, je m'en doute, peu expressif.
Cette pièce, si vous n'aimez pas le contemporain, l'imaginaire, ou encore les messages transitoires existentiels, la poésie et
les remises en question, est à éviter.
Sinon, vous ne regretterez pas cet état de fait, votre mise à plat de la vie, votre (re?)questionnement!!! Si, de plus, vous aimez le thé,
et les branches de céléri, alors, n'hésitez surtout pas.
Je ne peux que vous conseillez d'aller faire un saut sur leur site (autres spectacles et dates de tournée).
Voili, voilou,
A toute!
PS: je ne fais pas partie de cette troupe, ne touche aucun cachet: je ne suis qu'un simple spectateur. C'est dit! (pour éviter les doutes
de certains que je comprends)
Alors, pour répondre à certains mails:
-Non, je n'ai pas transformé mon blog en site mylénien: je ne fais que reporter une actualité chargée.
- Evidemment que je lis toujours: en ce moment,
dont je vous ferais, rassurez-vous donc, un compte-rendu, qui promet d'être bon (un régal)!
Voili, voilou!
Tiens d'ailleurs, cela me fait penser que je vais en tirer mon prochain article.
Pour ceux qui ne s'en seraient pas (encore) aperçus,
le double DVD du concert live de Mylène Farmer "Avant que l'ombre" comporte
un bonus caché sur le DVD Bonus...
Sur le menu, apparaît de temps à autre, au dessus de l'encadré vidéo, une ti'tête auréolée...
Rendez-vous immédiatement dessus (avant qu'elle ne disparaisse) et profitez de 30 secondes en sus!
Bonne course!