Jour J
La pièce:
Des histoires d’amours qui commencent ou finissent en musique.
Trois quartettes vocaux en début, au milieu et à la fin du XXe siècle, vivent, chantent, s’aiment, se haïssent, se quittent ou
se retrouvent devant nous.
Les couples se forment et se défont dans ces compositions à quatre, propices aux intermédiaires et aux partitions significatives.
Endiablé, passionné, c’est le moment où tout le monde découvre que tout le monde est amoureux de tout le monde, mais que
personne n’est aimé de la personne qu’il aime, alors ils sont tous là à crier leur amour, complètement perdus, complètement fous.
Drôle, Triste, …
Cela nous irait bien…
La mise en scène:
"Je commence les répétitions, je prend une scène du salon d’Eté, je crois que je la comprends, je me place,
Mathilde arrange, organise, la semaine d’après je reprends, et tout à coup l'effrayante complexité de cette pièce m’apparaît.
Chaque mot, chaque rythme, chaque scène pose une énigme et je m’arrête sur le plateau en me demandant,
pourquoi a-t-elle voulu cela? Où veut-elle nous mener avec cette scène? Qu'est-ce qu'elle aurait fait, elle?
Elle me met devant des gouffres d'interrogations, mais me donne en même temps d'innombrables réponses,
à tellement de questions essentielles sur la complexité des relations humaines.
Ses réponses et ses questions ne se découvrent que lorsqu'on met en vie son texte par l'acte théâtral qui est
poésie même, en ce qu'il est irrationnel, inexplicable, porteur de toutes les contradictions rassemblées et n'existe que quand il est partagé.
Nous voyons sur scène des hommes et des femmes empêtrés dans leur vie, qui croient qu'ils la dominent et la dirigent
mais la subissent de plein fouet sans rien comprendre à leur naufrage ou leur survie, nous en rions ou pleurons, et nous
nous réveillons de ce rêve si comico-tragique en sachant soudain que cela pourrait être de nous dont il pourrait s’agir.
« Des couples qui se font et se défont »
Ils ont tout : la passion, la liberté, l’amour, le bien-être, ils ont prévu leur avenir dans les moindres détails depuis des années
et en une décennie, tout leur monde s'effondre simplement parce qu'un être, un évènement ou une rencontre imprévu vient bousculer le chemin établi.
Ils sont donc logiquement débordés par le sens de l'histoire, qui est le sens de l'intérêt du plus grand nombre, un sens non pas moral mais organique.
Ces êtres subissent, sans comprendre ce qui leur arrive, le tsunami dévastateur de la destinée en marche qui refuse l'enfermement, la sclérose et l'esclavage.
Leurs vies, eux qui aiment si sincèrement si complètement si tendrement leur moitié dont ils veulent s'approprier le corps et l'esprit, sont nos vies.
En hommage à Coline SERREAU"
Voili, voilou,
Peut-être à ce soir!
A toute!